Il était une fois, une jeune fille nommée Naïli. Elle portait des guêtres marrons. Une dague en or était accrochée au-dessus de son genou gauche. Sa jupe verte en dégradé était tenue par une ceinture marron de laquelle pendait des morceaux de tissu ainsi que sa sacoche orange. Son haut également vert laissait apparaître son ventre et était tenu par des bretelles. Autour de son cou, elle portait en pendentif une pierre étrange. Ses lèvres étaient roses. Ses grands yeux étaient mauves et ses cheveux violets avec des mèches bleues étaient tressés.
Par
la lucarne ronde de ma chambre, j’aperçois la lune de feu. Elle n’apparaît que
très rarement. Une fois tous les millénaires, à ce que racontent les légendes…
On ne sait pas pourquoi. Je n’arrive pas à dormir. Je sors. L’air est doux.
Dans le ciel, le palais royal flotte. Tiens, ils n’ont pas remonté l’escalier.
Ils doivent attendre quelqu’un. J’aimerai savoir d’où il vient. Savoir ce qu’il
y a derrière ces grands remparts de pierres blanches. Je me décide. J’enlève
mon manteau et commence à escalader le mur. Puis, une fois en haut, je monte à
la plus haute tour. Quelle vue magnifique ! Un château splendide, tout de
nacre, de verre et de pierres violettes lumineuses flotte dans le ciel
au-dessus de mignonnes petites maisons en terre cuite avec un toit de chaume.
Et autour, les remparts, qui font de la ville une prison. Aucune porte, quand
on veut en sortir ou y entrer, il faut prendre un dirigeable. De l’autre côté
des remparts, il n’y a rien d’autre qu’une immense forêt, une forêt sombre et
impénétrable.
Mais
cette terre paisible fut un jour perturbée par l’arrivée d’un puissant esprit
maléfique, Rakandom, qui corrompit l’esprit du bon roi Landamias. C’est alors
que Naïli décida d’aller combattre ce mal en accomplissant de périlleuses
péripéties. Naïli commence alors son périple vers le nord. Après avoir beaucoup
marché, elle monte dans un arbre, s’attache avec une corde pour ne pas tomber
et s’endort rapidement.
Elle
est réveillée au lever du jour par un sifflement étrange. Alertée, elle descend
de l’arbre silencieusement, l’oreille aux aguets. Elle attrape son sac et se
dirige vers la source du bruit. Soudain, elle s’arrête. Du creux d’un tronc
d’arbre, vient d’émerger une tête de serpent avec deux yeux rouges comme des
braises. Elle sort son épée et donne des coups à la créature mais l’épée la
transperce sans une égratignure. Elle est fatiguée, ses paupières
s’alourdissent. Elle vacille tandis que le serpent s’enroule autour d’elle. Il
n’est pas consistant. Il est de fumée. De la fumée empoisonnée. Elle s’en rend
compte juste avant de s’endormir.
La fille dans la cabane
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« Lâche
ça, dit l’autre, si j’avais voulu te tuer, ce serait déjà fait.
Naïli
s’assoit.
-On
est où ?
-Au
nord de la terre d’Olania, répond la fille.
-
C’est précis, marmonne Naïli, ironique. Comment tu t’appelles ?
-Linda.
Et toi ?
-Naïli.
Linda
attrape le bol et le lui tends.
-Bois
ça, c’est encore chaud, dit-elle.
Naïli
la remercie et avale le liquide brûlant.
-C’est
bon. Comment m’as-tu trouvé?
-En
chassant. Que t’est-il arrivé?
-C’est
une longue histoire…
Elle
lui raconte tout. Après un silence, Linda lui répond :
-Pour
sauver ton roi, il faudrait récupérer l’épée de Kaltor et la planter dans son
cœur. La lame tuera seulement l’esprit. Le problème, c’est que je ne sais pas
où elle est. Les légendes racontent qu’elle serait en possession d’un géant.
Elle
s’interrompt soudain. Un bruit sourd résonne une nouvelle fois.
-Tu
as entendu, demande Naïli ?
-Je
ne suis pas sourde, rétorque Linda. »
Elle
attrape son arc posé sur la table et Naïli prend son épée. Elles sortent en
silence. Un géant d’au moins cinq mètres s’avance. Il s’arrête net quand il les
voit. Tout à coup, il brandit sa massue et attaque. Les deux filles s’écartent
juste à temps. Linda tire une flèche dans son bras. Le géant est déconcerté un
instant ce qui permet à Naïli de lui trancher le pied. Il tombe à la renverse
et tente de la frapper mais Linda la bouscule juste à temps et tire une flèche
dans le cœur du géant.
«On
l’a eu… dit-elle platement.
-Oui.
On le fouille, propose Naïli? »
Elles
s’exécutent. Elles ne trouvent rien d’autre qu’une boussole déréglée et un bout
de tissu. Elles allaient rentrer dans la cabane quand Naïli trouva une
magnifique épée.
«Eh
Linda, l'appelle-t-elle, viens voir ce que j'ai trouvé !
-Waouh !
C'est l'épée de Kaltor dont on parlait tout à l'heure !
-Génial !
Je rentre au royaume alors.
-Tu
peux m'accompagner, si tu veux, propose son amie.
-D'accord.
Elles
partent donc sur le champ. Après plusieurs jours de marche en forêt à n'avoir
mangé que des baies et le fruit de leurs chasses, elles arrivent devant le
grand mur de pierres blanches. Malheureusement, le démoniaque Rakandom a fait
fermer et garder les portes par ses plus fidèles serviteurs : les
Manjaros. Deux créatures abominables à trois paires de bras tenant chacun une
épée, une massue ou une autre arme de ce genre. Après avoir établi un plan, les
deux complices attaquent. Linda les crible de flèches pendant que Naïli charge.
Après quelques minutes de combat, les gardiens s'avouent vaincus et s'enfuient
en courant. Les deux guerrières entre et se rendent sans encombre au palais.
L'escalier est remonté mais elles se hissent dans le château à l'aide d'une corde.
Une fois à l'intérieur, elles cherchent et finissent par trouver la salle du
trône. Elles entrent. Rakandom est très surpris.
« Quoi ?
Comment avez-vous vaincu le serpent ? Et le géant ? demande-t-il.
-Peu
importe, rétorque Linda, sort du corps de Landamias sinon...
-Sinon
quoi ? dit l'esprit, moqueur.
-Sinon
c'est moi qui vais te faire sortir. répond Naïli.
Rakandom
rigole.
-Vous
croyez que vous me faites peur, demande-t-il ? Mais si vous voulez la
guerre, vous allez l'avoir. »
Et
sur ce, il brandit son sceptre, dans l'intention de lancer un sort mais Linda,
plus rapide, bande son arc et envoie une flèche dans la gueule du dragon qui
fait office de pommeau. Écumant de rage, l’esprit maléfique jette le bâton
magique par terre et Naïli en profite pour planter son épée dans le cœur du
roi. Celui-ci se plie en deux et tombe, sans vie. Soudain, une fumée noire
s’élève de la blessure du roi qui cicatrise aussitôt et se dissout dans l’air.
Rakandom est vaincu. Il ne reviendra pas. Les habitants d’Olania, à l’annonce
de cette nouvelle, portent en triomphe Linda et Naïli. Suite à la demande de
celle-ci, le bon roi fait ouvrir les portes de la cité car Rakandom est
mort : ils n’ont plus rien à craindre. Les deux amies finirent leurs vies
heureuses. Un millénaire plus tard, la lune de feu revint et avec elle un autre
esprit maléfique anéanti de nouveau par une autre jeune héroïne.



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